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InterviewsModifier

Interview/Table Ronde à la Japan Expo [1]Modifier

• Quelle est votre journée/semaine type ?

Ma journée est assez simple, je me lève, je travaille et je me couche. (rires) Si on prend sur une semaine, le dimanche je fais mon storyboard, le lundi c'est le jour où je fais ma réunion éditoriale avec mon éditeur et on discute sur la base de ce que j'ai dessiné le week-end. Le mardi je fais les crayonnés sur le storyboard qui a été validé. Mercredi, jeudi et vendredi c'est l'encrage, je passe à l'étape de finissions des planches. Le samedi, s'il y a du travail ce jour là comme des pages en couleurs ou des retouches je m'en occupe, sinon je me repose. Et sur la dernière année passée je ne me suis pas reposé un seul jour... (rires)

Vous souvenez-vous du dernier jour où vous n'avez pas dessiné ?

Même quand j'ai des jours de congés, je dessine. J'ai commencé Fairy Tail il y a dix ans, je dirai donc au delà de ça.

Comment créez-vous un personnage ?

Je fais beaucoup de croquis quand j'ai du temps. Les personnages naissent à ce moment là.

Si on compare à Rave, Fairy Tail est plus sur un format de petits arcs. Savez-vous vers quoi la série se dirige ou avancez-vous d'histoire en histoire selon vos envies ?

La première chose que je peux dire, c'est que si les arcs sont plus courts c'est parce que je veux donner un tempo rapide au déroulement de Fairy Tail. D'une manière générale j'ai une idée de ce que sera la fin d'un arc, mais pas tellement de ce qu'il y aura entre le début et la fin. De ce fait, quand j'ai terminé un chapitre, j'ai moi-même de l'excitation en me demandant ce que sera le prochain chapitre. Ça m'arrive souvent de me dire :" Bon je sais comment ça se termine mais ce personnage s'il meurt, qu'est ce que je vais faire après ?" (rires)

Vous avez fait le choix de travailler plusieurs personnages principaux qui reviennent comme un groupe récurrent, pourquoi avoir fait ce choix et comment vous y prenez-vous pour les faire évoluer de manière régulière ?

Dans mon esprit, l'histoire est vraiment centrée sur Natsu et Lucy. Ensuite, je sais qu'il y a différents personnages qui ont leur groupe de fans, donc j'ai envie de les mettre en avant pour faire plaisir à chaque lecteur. J'essaye de faire en sorte d' alterner, que ce soit dans la même guilde ou dans une autre guilde, de manière à ce que les autres lecteurs ne sachent pas comment ça va se dérouler et qu'il y aittoujours ce sentiment d'excitation à la lecture.

Fairy Tail à aujourd'hui 10 ans, j'aurais aimé savoir comment vous abordez aujourd'hui votre oeuvre et votre travail ?

10 ans, ça me parait incroyable que j'ai réussi a tenir aussi longtemps sur cette série. J'ai du mal à prendre du recul et à avoir un regard sur ces 10 ans car la série n'est toujours pas terminée donc c'est difficile de se prononcer.

Comment le titre de Fairy Tail est né ?

Dans Rave, c'était un personnage qui partait à l'aventure et en tant que dessinateur ça m'a posé beaucoup de problème de le faire bouger comme ça un peu partout. Je me suis dit que pour mon prochain manga j'allais essayer de faire un personnage plutôt cool qui restera avec son groupe d'amis, qui ne va pas aller trop loin et ça sera plus facile à porter. C'était ça le point de départ.

Mais au fur et à mesure que je dessinais, l'histoire est finalement devenue aussi lourde à porter... (rires)

Est-ce qu'en tant que créateur de la série, vous avez un personnage ou un arc préféré ?

C'est très variable, ça varie selon des périodes. Il y a des moments où je suis plus attiré par un personnage et j'aime le mettre plus en avant. J'ai ma période tel personnage ou tel autre. En ce moment par exemple, je suis très fan de Lucy, j'ai envie de la mettre en avant et de la faire bouger. Et si je me mets à faire un passage sur Grey, je pense que j'aurai de l'empathie pour lui.

Demain aura lieu une battle de dessin entre vous et Reno Lemaire, avez-vous eu l'occasion de lire/feuilleter quelques mangas français ?

Je ne connais pas très bien l'oeuvre de Reno car elle n'est pas traduite en japonais mais je l'ai feuilleté. Par contre j'ai lu Radiant de Tony Valent qui est traduit en japonais. C'est quelqu'un qui a beaucoup étudier le manga japonais et à première vue, si on ne m'avait pas dit qu'il s'agissait d'un mangaka français, je ne m'en serais pas rendu compte. Dans le cas de Radiant, je trouve que dans l'aspect c'est très proche des codes du manga shonen qu'on a au Japon, par contre dans la narration et dans le découpage, on sent que c'est quelqu'un qui a été influencé par la bande dessinée. C'est encore un goût et une approche différente du manga.

Par contre, je suis assez curieux de lire Outlaw Players que j'ai pu voir hier dans un magazine de prépublication et j'aimerais vraiment qu'il soit traduit afin de pouvoir le lire.

Vos univers sont tournés vers la fantasy et la magie, avez-vous l'envie de réaliser une série plus réaliste à l'avenir ?

Concernant les prochaines œuvres, je ne peux pas m'exprimer dessus. Par contre j'ai encore très envie de faire un manga dans lequel la fantasy est présente, mais en même temps j'ai envie de relever des challenges dans d'autres domaines.

• Fairy Tail cartonne en France, quel relation entretenez-vous avec notre beau pays ?

Je suis très heureux de l'accueil qui est réservé à Fairy Tail dans le monde et en particulier en France, c'est quelque chose qui me touche beaucoup.

Comment travaillez-vous avec votre éditeur ? Avez-vous totalement carte blanche ou avez-vous déjà eu des idées refusées par votre éditeur ?

La première chose que je dois dire c'est que c'est d'abord une relation de grande confiance entre l'éditeur, le responsable éditorial et moi. Je considère mon éditeur comme mon premier lecteur. Mais son avis n'est pas absolu, à partir du moment où il va me faire une remarque de lecteur, s'il me dit que c'est pas très drôle ou que ça ne lui plait pas, je vais devoir me faire la réflexion pour comprendre pourquoi il l'a ressenti comme ça, que je le change ou non d'ailleurs. Dans le cas où on a une confrontation d'idée, qu'on est pas d'accord sur un sujet, que je pense que c'est bien et qu'il faut le faire lire au lecteur, on essaye de trouver un compromis pour que ce soit lisible correctement. On trouve un équilibre entre ce que moi j'ai envie d'écrire et ce que je pense que les lecteurs ont envie de lire. Je pense être chanceux car il se trouve que dans la plus part des cas, ce que j'ai envie de dessiner correspond à ce que les lecteurs ont envie de lire, donc il y a peu de confrontation.


Quelles sont vos inspirations pour Fairy Tail et avez-vous le temps de lire d'autres mangas ?

Je regarde beaucoup de films, d'animés, je lis autant que possible et en dehors de ça, je prends l'inspiration autour de moi, mes amis, les gens avec qui je travaille, dans ma vie quotidienne d'une manière générale. Par exemple quand je suis allé aux États-Unis, j'ai rencontré un journaliste qui avait une personnalité haute en couleur et j'ai décidé de le mettre dans un de mes mangas. Ça sera peut-être vous la prochaine fois ! (rires)

Fairy Tail est une série qui met souvent en avant les atouts de ses personnages féminins avec un certain charme. Étant publié dans un magazine jeune public, vous fixez-vous certaines limites ou avez-vous déjà du modifier certaines planches ?

Oui, j'ai une auto-censure car il y a des choses que je n'ai pas forcément envie de dessiner et effectivement, le fait de savoir qu'on est dans un magazine destiné à une certaine tranche d'âge, on sait qu'il faut respecter ces règles. Ça arrive que les fans ne soient pas contents parce qu'on a dépassé certaines limites.

Justement, si on reste sur les figures féminines qu'il y a au sein de Fairy Tail, on voit qu'elles ont toutes un caractère assez trempé. Est-ce voulu de votre part et pourquoi ?

La réponse est simple, je n'ai que des femmes fortes autour de moi (rires).

La série a aujourd'hui 10 ans, son lectorat à donc grandit avec elle, avez-vous l'envie d'aborder un ton plus adulte ou souhaites-vous conserver un ton shonen comme depuis le départ ?

Je dirais que c'est plutôt l'inverse. Plutôt que de suivre l'âge de mon lectorat, lorsque je serai amené à faire une nouvelle série, je voudrais repartir de zéro. Comme mon lectorat a vieilli en même temps que la série et en même temps que moi d'ailleurs, j'aimerais approcher une prochaine oeuvre en repartant de zéro pour essayer de m'adresser à un lectorat plus jeune que celui que j'ai actuellement sur Fairy Tail.

Fairy Tail fait partie des gros hits shonen. Quels sont les ingrédients spécifiques pour réussir une série et en faire un carton comme c'est le cas ?

J'aimerais bien le savoir, si je le savais je n'aurai pas de soucis pour réfléchir à mon prochain manga (rires). Parmi les pistes que j'ai, je pense que le fait que je développe assez longuement les relations entre les personnages qui sont dans l'histoire est peut être l'une des clés du succès.

On sait que pour construire un arc, vous connaissez le début ainsi que la fin et que vous vous imaginez le reste comme vous le voulez. Est-ce que c'est pareil pour Fairy Tail dans son ensemble, savez-vous où vous allez ou naviguez-vous à vue ?

Non pas du tout, quand j'ai commencé je ne savais pas où j'allais. Ma seule idée c'était que, petit à petit, j'allais étendre l'univers en imaginant les personnages. Et de fait aujourd'hui, c'est tellement étendu que parfois je m'y perds un peu (rires).

L'univers de Fairy Tail est riche, on a eu le droit à des spin-off, des films [...] Comptez-vous, une fois la série principale terminée, continuer à développer son univers au travers d'autres spin-offs ou d'autres projets ?

J'aimerais que ça perdure. À la différence de Marvel par exemple, qui a l'habitude de faire passer les personnages d'un auteur à un autre, c'est pas dans la nature de ma maison d'édition. Mais j'aimerais vraiment que ça se fasse un peu de cette manière, je pense qu'il y a des ajustements à faire pour y arriver mais j'aimerais que ça puisse exister de cette manière là car c'est une série qui a quand même un lectorat conséquent et c'est important de le préserver et de le satisfaire.


Vous avez déjà fait un épisode crossover entre Rave et Fairy Tail, avez-vous envie de reproduire l'expérience ?

J'ai pas mal hésité avant de faire ce crossover parce que Rave avait son public et je n'étais pas sûr qu'il allait accepter qu'on remette un peu les mains dans ce qui avait été fait en bougeant ce qui était déjà établi. Je ne m'interdis pas que cela se reproduise et qu'à l'avenir, lorsque je dessinerai un nouveau manga, ce dernier ait des interactions avec Fairy Tail. Et j'aimerai bien un jour mettre les Avengers dans mes mangas. (rires)

Aimeriez-vous un jour travailler avec l'industrie américaine sur des comics ?

Si on m'en offre l'occasion, ce sera avec grand plaisir.

En parlant de l'industrie américaine, quelques projets de films lives tirés de manga commencent à voir le jour, seriez-vous intéressé par l'idée de voir Fairy Tail adapté ?

Si jamais on me le propose, oui je serais plutôt content. Je pense qu'il y aura un gros débat sur qui fera Natsu parmi les fans, mais sincèrement si ça devait arriver, je serais très heureux.

On parlait tout à l'heure de la création des personnages de Fairy Tail, comment créez-vous un nouvel arc ?

Globalement, j'essaye de me mettre à la place des lecteurs, d'essayer de savoir ce qu'ils aimeraient lire et de quelle manière ils aimeraient voir évoluer l'univers de Fairy Tail. Si on prend le cas de l'arc d'Edolas, je mettais dit : Est-ce qu'il ne serait pas intéressant de proposer aux lecteurs les personnages qu'ils connaissent mais avec des personnalités très différentes, à l'opposé de ce qu'ils ont l'habitude de voir ? Et c'est comme ça que je me suis dis qu'on allait faire un arc de l'histoire qui sera tourné de cette manière. Donc c'est en me mettant à la place de mes lecteurs que j'imagine les histoires.

Quels sont les dernières œuvres qui vous ont marquées et pourquoi ?

C'est pas un film mais une série TV, je suis un grand fan de Game Of Thrones et dès que j'ai une minute je passe mon temps sur Overwatch, même si je perds tout le temps. (rires)

Interview du 08/07/2016 à la Japan Expo[2]Modifier

Votre précédente visite à Japan Expo remonte à 2010. Qu’est-ce qui a le plus changé en six ans ?

La première fois que je suis venu en France, Fairy Tail n’avait pas une telle popularité. Je suis très surpris de voir que c’est devenu une série que tout le monde connaît. Je retiens surtout de cette expérience les séances de dédicace qu’on avait faites dans des petites librairies qui, d’après ce qu’on m’a dit, ont malheureusement disparu.

Selon vous, la plus grande qualité d’un mangaka est son imagination : où puisez-vous la vôtre ?

Dans la vie de tous les jours, le fait de discuter avec des amis… tout ce qui vient du quotidien, même si ça n’a pas trop de rapport avec mes œuvres. Le fait de me frotter à d’autres médias, comme les jeux vidéo ou les films, me sert aussi d’inspiration.

Qu’est-ce qui vous plaît particulièrement dans les jeux vidéo japonais ?

Ce qui m’intéresse, dans les jeux de rôle d’heroic fantasy, c’est la manière dont l’univers est construit. Je ne cherche pas à reproduire ce que j’ai vu directement dans le jeu mais plutôt à me dire : « Ah, ça, c’est une idée qui me plaît, une construction intéressante du monde ». On peut parler d’influence réfléchie.

Comment concevez-vous l’apparence de vos personnages ?

En général, c’est très rare que je réfléchisse à un personnage par rapport à son physique. Je pense d’abord au type de personnage : le physique vient ensuite se greffer dessus. Par exemple, pour me héros, Natsu, j’avais l’idée d’un personnage très vif, dynamique, et je me suis dit que le fait de lui mettre une écharpe donnerait de l’ampleur à sa personnalité et à ses mouvements.

Travaillez-vous de la même façon pour l’apparence des créatures fantastiques comme Happy et Plue ?

L’idée était de donner un peu de légèreté et un surplus de choses mignonnes au manga. J’aime bien les chats mais je ne vis pas dans un environnement qui me permet d’en avoir un chez moi, donc Happy est une manière de compenser (rires).

Dans les derniers volumes de « Fairy Tail », l’intrigue connaît une ellipse d’un an. Ce saut dans le temps était-il prévu de longue date ?

Oui, et il tient à deux choses : je voulais créer un effet de surprise pour mes lecteurs et en même temps leur présenter des personnages qui avaient évolué et grandi. C’est important d’apporter au public une nouvelle façon d’apprécier leur manga.

D’un point de vue scénaristique, cette ellipse était-elle difficile à réaliser ?

Non, ce n’était pas très compliqué car j’y réfléchissais depuis un moment. Le plus facile, techniquement, c’est de dessiner des personnages qui ont évolué.

La rédemption des méchants et l’importance de l’amitié sont deux thèmes récurrents dans « Fairy Tail », comme dans de nombreux shonens [mangas pour adolescents]. Cherchez-vous consciemment à créer des œuvres « morales » ?

Je pense que le fait de mettre en scène des sentiments comme l’amitié, la rédemption, et des choses de ce genre, est récurrent dans le shonen [manga pour adolescents] depuis très longtemps, et dont on peut difficilement se passer. Il n’y a pas d’obligation d’inclure ce type situations pour autant mais c’est ce que les lecteurs et les fans attendent. Vous avez reconnu vous être inspiré de Notre-Dame de Paris pour créer la cathédrale de la ville de Magnoria dans Fairy Tail.

Allez-vous profiter de votre passage à Paris pour faire un repérage de décors ?

A vrai dire, je suis arrivé hier et j’ai beaucoup travaillé donc je n’ai pas eu le temps de me promener (rires). C’est mon intention mais je n’en ai pas encore eu l’occasion ! Parfois, les choses que je réutilise dans mon manga me sont inspirées par des choses insignifiantes : l’hôtel dans lequel je me trouve, l’endroit dans lequel on me fait travailler… Paris est une ville qui m’inspire beaucoup et qui continuera de le faire.

Vous avez participé à plusieurs festivals en France mais aussi aux Etats-Unis, et vous êtes assez actif sur Twitter, alors que la plupart des mangakas sont plutôt discrets. Est-ce important pour vous d’être en contact avec votre public ?

Ce rapport aux lecteurs est quelque chose que j’aime beaucoup. Je pense que la présence d’un auteur dans un festival permet d’apporter sa pierre à l’édifice, à la construction de la popularité du manga, même si sur Twitter ce n’est pas forcément visible de tous.

Vos méthodes de travail quotidiennes ont-elles évolué pendant ces dix années passées sur Fairy Tail ?

Oui, je pense qu’il y a eu beaucoup de changement. Le principal, c’est que j’ai désormais conscience des lecteurs étrangers et que ça a une influence directe sur mon travail.

Sur le scénario ?

Plutôt sur l’aspect humoristique, puisque j’évite consciemment d’utiliser des blagues typiquement japonaises ou qui passeront difficilement à l’étranger. Désormais, quand je glisse de l’humour, je pense à un humour plus général, plus universel.

En plus de 50 tomes, quel passage de « Fairy Tail » vous a donné le plus de fierté ?

Je dirais que c’est le grand tournoi de magie, quand Erza arrive à vaincre cent monstres à elle toute seule. C’est un passage qui a eu beaucoup de succès et qui m’a donné beaucoup de plaisir à l’écriture comme au dessin.

A l’inverse, quel moment a été le plus difficile à réaliser ? C’est encore un passage qui concerne Erza, dans la première partie du manga, quand elle est prisonnière de la tour du Paradis et que Natsu va la sauver d’une mort certaine. J’ai beaucoup réfléchi pour savoir comment transmettre l’émotion que je voulais sur ce passage-là. J’ai eu beaucoup de mal.

Comment expliquez-vous le succès mondial de « Fairy Tail » ?

C’est une question difficile ! Mes éditeurs réfléchissent justement sur ce sujet pour savoir quelle est la clé du succès, mais aucune réponse claire ne ressort de ces réflexions-là. Ce serait très utile pour mon prochain manga d’arriver à savoir pourquoi (rires).

Les personnages les plus populaires de la série varient-ils selon les pays ?

Je ne suis pas très connaisseur sur le sujet mais, de ce que j’ai vu lors des séances de dédicace en France, les deux personnages les plus populaires sont Erza et Natsu. Au Japon, ce serait plutôt Lucy et Natsu, et aux Etats-Unis, c’est Luxus. Peut-être qu’ils aiment les gars bien baraqués ! (rires)

L’actualité réelle vous inspire-t-elle parfois ?

C’est assez rare. Mon intention, quand je dessine Fairy Tail, est de faire un manga avec des batailles, où les personnages peuvent être blessés, mais dans lequel on reste dans un univers fantaisiste qui fait rêver. Je ne suis pas trop du genre à réutiliser des problèmes de la vie réelle et à les mettre dans ma fiction.

« Fairy Tail » est votre série la plus longue : vous vous voyez continuer encore longtemps ?

La série en est à son point culminant donc je ne pense pas continuer encore dix ans. Mais je ne sais pas encore quand s’achèvera Fairy Tail, il y a encore plein de choses que j’aimerais faire et transmettre aux fans.

Interview d'MCM à la Japan Expo[3]Modifier

Quelle sensation cela vous fait-il de voir l'engouement pour Fairy Tail à l'étranger, que ce soit ici en France, ou ailleurs ?

Je suis super content. J’ai vu pas mal de gens qui faisaient du cosplay avec des personnages de ma série ici à la Japan Expo et je suis toujours très heureux de croiser mes fans dans la peau des héros, c'est agréable.


La grande bataille qui oppose actuellement les membres de Fairy Tail et des autres guildes à l'empire de Zeleph marquera-t-elle, de près ou de loin, la fin du manga ?

Oui, c’est le climax de la série.


L'avez-vous toujours imaginé comme la fin du manga ? Ou bien l'avez-vous décidé plus tard, estimant que c'était le bon moment pour terminer l'histoire ?

C’est plus au fur et à mesure que je dessinais et que j'imaginais l'histoire que je me suis finalement rendu compte que ce serait peut-être l’apogée de la série. Ce n’était pas quelque chose que j’avais planifié à la base mais c'est arrivé petit à petit.

Quel personnage prenez-vous le plus de plaisir à dessiner, et pourquoi ?

C’est Happy que je préfère, car c’est le plus facile à dessiner ! (rires)


Avez-vous des projets bien déterminés pour l'après Fairy Tail ou simplement quelques idées ?

J’ai plusieurs idées déjà en tête de ce que je ferais dans l’avenir. Mais Fairy Tail n’est pas encore terminé, de fait j’ai déjà plusieurs idées dont une qui sort plus que les autres que je fais grossir dans mon esprit pour l’instant. Mais bon, je n'en suis pas encore là et je ne peux pas en parler tout de suite. Je préfère me concentrer sur mon travail actuel.


Peut-on s'attendre à l'éventualité d'une suite, que ce soit de Fairy Tail, Rave, ou une autre série ?

À priori non, ce n’est pas quelque chose que j’ai en tête et que j'ai envie de faire. Si quelqu’un venait me voir en me disant qu'il aimerait bien dessiner la suite, qu'il s'occuperait du scénario et du dessin, je serais plutôt du genre à lui dire : vas-y, fais la suite pour moi ! (rires)


Quelles sont vos inspirations pour le développement de Fairy Tail et de ses intrigues, comme celle d'Edolas et celle autour des Dragons ?

Ce qui m’a intéressé avec l’arc Edolas, c’était le fait de confronter des personnages à une personnalité différente de la leur, ce qu’il n’y avait jamais eu jusqu’à maintenant. J’avais surtout envie de m’amuser avec mes personnages, de les mettre face à eux-mêmes et dans des situations inhabituelles. Et pour le dragon, c'est un personnage féerique qui m’a toujours beaucoup intéressé ; l’inspiration en elle-même vient de tout ce que j’ai pu voir et lire sur les dragons jusqu’à présent.

Y a-t-il une période ou un certain personnage de Fairy Tail que vous aimeriez traiter dans un éventuel spin-off, en plus de ceux déjà existants ?

Le personnage que je voulais le plus mettre en avant était Mavis, le premier maître. C’est vraiment le personnage sur lequel je voulais le plus m’attarder, parce qu'il y a beaucoup de choses à dire sur lui. Mais à part ce personnage-là, non pas spécialement. Si j’ai l’occasion, j’aimerais bien écrire la jeunesse de Makarof, mais ce n'est pas du tout prévu.

Interview du Journal du Japon à la Japan Expo[4]Modifier

Journal du Japon : Bonjour Hiro Mashima, et merci de nous accorder de votre temps pour répondre à nos questions ! Pour commencer, comment êtes-vous devenu mangaka ?

Hiro MASHIMA : Je dirai que cela a commencé grâce à mon grand-père. Il avait l’habitude de ramasser les mangas jetés dans la rue à l’époque (ndlr : au Japon cela est très courant de jeter les magazines n’importe où une fois lu car ils sont imprimés en vieux papier recyclable). Il me laissait ainsi les lire et tout est venu de là. J’ai voulu dessiner par la suite et voilà où j’en suis. En fait tout a vraiment commencer dès le moment où j’ai voulu créer mes propres personnages : j’ai alors su que je pouvais être mangaka et que j’avais du potentiel pour ça, pour faire quelque chose avec toutes mes idées.

Par curiosité, avez-vous pensé un jour être autre chose que mangaka ?

Un moment j’ai bien voulu être détective suite à la lecture d’un roman policier, mais je me suis vite rendu compte que ce ne serait pas possible (Rires), donc j’ai abandonné l’idée.

Comment pourriez-vous nous décrire votre journée type ou votre semaine type ?

C’est simple, je me lève, je travaille, je me couche (Rires). Pour détailler une semaine type ce serait ça : le dimanche je prépare mes nemus (ndlr :les storyboards), le lundi je vois mon éditeur pour en discuter avec lui, on le retravaille donc ensemble jusqu’à tomber d’accord tous les deux. Le mardi je fais les crayonnés tirés du storyboard. Du mercredi au vendredi j’encre les planches afin de les rendre à l’éditeur. Mes assistants viennent aider sur cette période du mercredi au vendredi, seul moment où ils sont là : deux aux arrière-plans et deux aux finitions. Le samedi, enfin, si j’ai du travail de colorisation ou autre je le fais, sinon j’en profite pour me reposer. Mais autant dire que ça fait très longtemps que je n’ai pas eu de vrai jour de repos ! (Rires)

Comment faites-vous pour tenir ce rythme si soutenu ?

Je crois que j’y arrive surtout parce que j’ai le soutien du public et de mes lecteurs derrière moi.

Vous souvenez-vous justement du dernier jour où vous n’avez pas dessiné ?

Hum… même en vacances je dessine, donc ça doit faire plus de dix ans (Rires).

Comment créez-vous vos personnages ?

Je réalise beaucoup de croquis avant de créer un personnage définitif, je le mets en situation un peu avant également. Après, chaque personnage c’est plus ou moins un peu de moi indirectement. Natsu me ressemble quand j’étais enfant, enfin comme je l’étais un peu à l’époque. Lucy quant à elle, c’est ma partie artistique qui s’exprime par exemple et Happy, c’est le fait que j’aimerais être comme lui parfois : dans un coin à rêvasser, sans rien faire de précis.

Quelles sont vos inspirations pour Fairy Tail afin de finaliser vos personnages ?

Je regarde beaucoup de film, de dessins animés aussi, je lis autant que possible. En dehors de ça je prends l’inspiration autour de moi, dans mon entourage (de la famille, des amis), dans les gens avec qui je travaille, dans la vie quotidienne de manière générale. Par exemple, quand je suis allé aux États-Unis j’ai rencontré un journaliste qui avait une personnalité très haute en couleur, qui était assez impressionnant donc je me suis dit « et si j’en faisais un personnage ? » et je l’ai mis dans le manga. Ça sera peut-être vous la prochaine fois ! (Rires) Et en terme d’influence, je pourrai citer Dragon Ball quand même : surtout quand j’étais petit car je trouvais Goku super cool à l’époque.

Essayez-vous de lire et voir autre chose lors de votre temps libre, et qu’est-ce qui vous a marqué ?

Ce n’est pas un film mais une série télé, mais je suis un grand fan de Games of Thrones, et en jeu vidéo dès que j’ai du temps je le passe sur Overwatch, où je me fais tout le temps écraser d’ailleurs (Rires). J’écoute pas mal de musique aussi comme du punk/rock également.

Si on va un peu plus loin par rapport à la création de Fairy Tail… Quelle en serait sa genèse et comment cette série est née véritablement ?

Le point de départ à la série, c’est que dans Rave (ndlr : première série de l’auteur, disponible en France chez Glénat), j’avais un personnage principal qui parcourait le monde… et ça me posait vraiment des difficultés de le faire agir : de le déplacer, de le gérer tout simplement. Trop de voyages, ce n’est pas simple à traiter. Donc pour Fairy Tail, j’ai voulu plutôt un personnage qui se trouverait un groupe d’amis dans lequel il resterait et avec lequel il n’irait pas trop loin, car c’était plus facile à porter comme projet pour moi. Mais au fur et à mesure que je dessinais, je me suis rendu compte que l’histoire était tout aussi lourde à porter ! (Rires)

Si on compare en effet Fairy Tail à Rave, on voit qu’il y a tout une succession de petits arcs, au fur et à mesure de la série, savez-vous vers où vous vous dirigez chaque fois ? Ou inventez-vous selon vos envies ?

Je fais ces arcs pour donner un certain tempo assez rapide, et du mouvement. D’une manière générale, j’ai une idée de ce que sera la fin de l’arc en cours mais pas forcément ce qu’il y aura au début et au milieu. Donc quand je termine un chapitre, comme je ne sais pas forcément ce qu’il y aura derrière, j’ai parfois de légères hésitations et là ça m’arrive de me dire « Ok, je sais que ça se terminera comme ça, mais si ce personnage meurt, qu’est-ce que je vais faire ensuite ? » (Rires).

Pour aller un peu plus loin, comment créez-vous chaque nouvel arc à l’instar des personnages ?

Globalement j’essaie de me mettre à la place du lecteur et de ce qu’il aimerait lire : comment il voudrait voir évoluer l’univers. Dans le cas de l’arc d’Edolas par exemple, je m’étais dit que ce serait intéressant de proposer les personnages que les lecteurs connaissaient dans une personnalité très différente, à l’opposé de ce qu’ils avaient l’habitude. C’est de cette manière que j’ai créé cet arc avec une histoire tournée différemment : c’est donc en me mettant à la place du lecteur que j’en suis arrivé là et que je dessine chaque arc.

Par rapport à ces arcs, vous avez fait le choix de bien travailler vos personnages principaux et de mettre en place un groupe récurrent. Pourquoi ce choix ?

Dans mon esprit l’histoire de Fairy Tail est vraiment centrée sur Natsu et Lucy. Mais ensuite je sais que certains personnages ou groupe de personnages ont leurs groupes de fan, de lecteurs. Donc j’essaie de faire plaisir à ces lecteurs en mettant en avant leurs personnages fétiches et de les alterner au fil du récit, au sein d’une même guilde ou non. Cela permet aussi que les autres lecteurs ne sachent pas non plus comment l’histoire va se dérouler réellement. Laisser toujours un sentiment d’excitation à la lecture en fait, c’est ça que je recherche.

Entre-nous, avez-vous un personnage préféré parmi tous ceux présents dans Fairy Tail ? Ou peut-être un arc préféré ?

Hum… Je n’ai pas de personnage particulier en tête, c’est vraiment variable suivant les périodes. Disons que c’est surtout si j’ai une envie de voir tel perso dans telle ou telle situation et c’est lui qui le deviendra le temps que car je vais vouloir l’utiliser et le dessiner. Si je devais en choisir un en ce moment, ce serait Lucy, car j’ai envie de la mettre en avant, de la dessiner, de la faire bouger mais si jamais je veux mettre Grey cette fois en avant, et bien j’aurai plutôt de l’empathie pour lui (Rires) En arc, je dirai que celui que j’apprécie beaucoup est celui d’Erza et le pandemonium.

On peut dire que Fairy Tail est une série dans laquelle ses personnages féminins sont souvent mis en avant, avec leurs atouts et certains de leurs charmes. Étant publié dans un magazine pour jeune public, est-ce que vous vous fixez certaines limites ? Avez-vous dû refaire certaines planches vis-à-vis de ça ?

En fait, oui il y a une auto-censure car il y a certaines choses que je ne veux pas dessiner et parce que oui, comme ça sort dans un magazine avec une certaine tranche d’âge, je respecte les règles du magazine. Ça peut arriver aussi que certains fans ne soient pas contents car j’aurai dépassé certaines limites. Mais j’adore dessiner ce genre de dessin, par rapport aux formes féminines que j’aime beaucoup faire. En France par exemple, vous êtes très ouvert concernant les femmes, mais ailleurs suivant où ça sort également, je peux me faire taper sur les doigts et on m’engueulerait (Rires). Ceci explique cela.

Justement si on reste un peu sur les personnages féminins présents dans Fairy Tail, on remarque qu’ils sont importants dans l’histoire avec un caractère bien fort et trempé, pourquoi ?

Tout simplement parce que je n’ai que des femmes fortes autour de moi ! (Rires)

Puisque l’on parlait de censure… pourrait-on savoir également comment se passe votre relation avec votre éditeur ? Est-ce que vous avez plutôt carte blanche ou certaines idées sont vraiment refusées ?

La première chose que je dois dire c’est que c’est une relation de grande confiance entre mon éditeur et moi, je considère mon éditeur comme mon premier lecteur. Même si son avis n’est pas absolu, à partir du moment où il va me faire une remarque de premier lecteur, je vais me poser la question de « pourquoi il l’a ressenti comme ça » et le changer, l’améliorer. Et dans le cas où on a une confrontation car moi je pense que c’est bien de faire ça et que lui non, on cherche un compromis pour que tout soit bien lisible. On trouve un équilibre entre ce que moi j’ai envie d’écrire, et ce que je pense que le lecteur a envie de lire. Je pense être chanceux car il se trouve que dans la plupart des cas, ce que j’ai envie de dessiner correspond à ce que le lecteur a envie de lire.

On sait que pour construire un arc, vous connaissez le début et la fin. Est-ce pareil pour la série ? Avez-vous déjà une idée de la fin ou naviguez-vous un peu à vue ? Que pourriez-vous nous dire de plus sur la série à l’heure actuelle ?

Non pas du tout, je n’avais aucune idée de la manière dont ça se terminerait, ma seule idée était petit à petit d’étendre mon univers et mes personnages, de fait aujourd’hui c’est tellement étendu qu’on s’y perd un peu. (Rires) Mais sans en dire trop, je peux juste évoquer que certains personnages risquent de mourir et que tout le monde sera surpris. Qu’une nouvelle génération de mages risque d’arriver avec des nouveaux personnages, et que Happy ne sera jamais humain car il ne serait vraiment pas mignon sous cette forme. Quant à mon style de dessin, j’essaie d’y faire aussi très attention car je sais qu’il a évolué donc j’essaie de rester constant. Mais on est arrivé au climax de la série.

En effet, on voit bien que l’univers de Fairy Tail est si riche qu’on a eu droit à des spin-off, des films, etc. Est-ce que vous comptez développer ça, en faire d’autres par exemple, ou passer à autre chose immédiatement ?

Moi j’aimerai que ça perdure. À la différence de Marvel qui a l’habitude de faire passer un personnage d’un auteur à l’autre, ce n’est pas la règle ou nature de ma maison d’édition, mais j’aimerais que ça se fasse un peu comme ça, avec des ajustements à faire pour y arriver. J’aimerai que ça puisse exister de cette manière-là car c’est une série qui a un certain lectorat qu’il faut essayer de satisfaire.

Justement, si on reste dans ce genre de travail, vous avez déjà réalisé un petit épisode entre Rave et Fairy Tail, est-ce que vous aimeriez refaire quelque chose de cet acabit ou garderez-vous bien Rave d’un côté et Fairy Tail de l’autre ?

J’ai pas mal hésité avant de faire ce crossover car Rave avait son propre public et je n’étais pas sûr qu’il accepte ce qui avait déjà été établi, mais je ne m’interdis pas que cela se reproduise ou qu’un autre manga rentre en interaction avec Fairy Tail aussi. Et… J’aimerai bien un jour mettre les Avengers dans mon manga ! (Rires)

Si on pousse un peu plus loin la comparaison avec Rave, vous utilisez Plue qu’on voit à la fois dans cette série mais ensuite dans Fairy Tail, s’agit-il vraiment du même personnage ou est-ce un moyen de jouer avec le public ?

Ce sont bien deux Plue différents pour le coup, et j’ai une vraie volonté de ne pas laisser traîner ce genre de mystères dans Fairy Tail. Plue est donc concerné par ces explications à donner, mais si j’oublie de le faire, j’invite vraiment les lecteurs à me le rappeler sur les réseaux sociaux que j’ai laissé tel ou tel passage dans le flou. Et j’essaierai de réparer cet oubli rapidement !

La plupart de vos univers sont très axés fantasy et magie, aimeriez-vous faire un manga plus réaliste dans l’avenir ?

Concernant les prochaines œuvres, je ne peux pas m’exprimer dessus mais j’ai encore envie de faire un manga où la magie est encore très présente… mais en même temps, oui, j’ai envie de me lancer un challenge dans d’autres domaines que la fantasy.

Dix ans, et toujours une volonté inébranlable, même face à la nouvelle génération Fairy Tail a dix ans cette année, comment abordez-vous votre travail aujourd’hui ? Et comment gardez-vous l’envie de continuer après tant d’années ?

En fait, dix ans pour moi aujourd’hui ça parait vraiment incroyable. Surtout que je ne pensais pas que je tiendrai si longtemps sur la série. Au départ, je me disais juste que si déjà j’arrivais à dix tomes ce serait vraiment top. Alors j’ai un peu de mal à prendre du recul et à voir au-delà aujourd’hui, car la série fonctionne vraiment très bien encore, mais je continue de travailler avec la même volonté qu’au départ. C’est aussi grâce à la présence des lecteurs, le fait qu’il y ait autant de monde qui lisent la série : c’est vraiment ça qui me donne envie de continuer. Et parce que j’ai réussi à faire évoluer mes personnages et l’œuvre en elle-même : la série a grandi en même temps que mes lecteurs et moi-même.

On sait que Fairy Tail marche très bien en France, vous étiez d’ailleurs déjà venu. Quelle relation entretenez-vous avec les publics des autres pays ? Et pourquoi revenir en France, justement pour vos 10 ans ?

Je suis très heureux de l’accueil qui est réservé à Fairy Tail dans le monde en général, mais en France en particulier car c’est quelque chose qui me touche beaucoup. L’accueil avait été très chaleureux déjà à l’époque quand j’étais venu : ce qui m’a donné l’envie de revenir.

Un souvenir précis ? Une anecdote ?

Si je devais réfléchir à un souvenir particulier, je repenserai à celui du Mont Saint Michel. J’étais tellement content de venir et d’y aller qu’au moment où je devais acheter un souvenir, j’ai acheté tout sauf un souvenir de la France et du Mont Saint Michel… Mais quelque chose qui venait tout simplement d’Angleterre (Rires). Si j’y retourne j’achèterai autre chose cette fois (Rires).

La série a dix ans, on l’a dit, et le lectorat a grandi avec la série, voulez-vous du coup prendre un ton plus adulte pour la suite ou rester dans le même état d’esprit ?

C’est plutôt l’inverse en fait, plutôt que suivre l’âge de mon lectorat, lorsque je serai amené à faire une nouvelle série, je repartirai de zéro. Car mon lectorat a grandi avec la série tout en vieillissant avec, comme moi d’ailleurs, donc j’aimerais repartir de zéro pour m’adresser à un lectorat plus jeune que celui qui a grandi avec Fairy Tail.

La série fait partie des gros hits shônen de ces dernières années, et on sait qu’il n’y en a pas tant que ça. Y a-t-il des ingrédients spécifiques qui permettent ce succès ?

(Rires) J’aimerais bien le savoir, si vous le savez j’aimerai connaître ces ingrédients pour mon prochain manga ! Parmi les pistes que j’ai, je pense que le fait que j’exprime assez fortement les relations entre les personnages dans l’histoire est l’une des clés. Mais peut-être aussi parce que j’ai réalisé des personnages qui donnent sans arrêt le meilleur d’eux-mêmes. Ça plait à tout le monde au Japon, mais à l’étranger aussi où l’accueil est bon.

En parlant de succès, vous allez avoir une battle face à Reno Lemaire (sur la scène Yuzu, le samedi 9/07), un auteur de mangas français assez populaire. Avez-vous déjà lu des auteurs français et qu’en pensez-vous ?

Je ne connais pas très bien Reno Lemaire et sa série car elle n’est pas traduite en japonais, mais j’ai feuilleté quelques pages. Par contre, j’ai lu Radiant, le manga de Tony Valente qui est sorti au Japon récemment. Dans son cas, on voit qu’il a vraiment beaucoup étudié le manga et qu’à première vue si on ne m’avait pas dit qu’il s’agissait d’un auteur français, je ne m’en serai pas aperçu. Dans son aspect c’est vraiment très proche du manga et des codes du manga shônen d’aujourd’hui au Japon. Par contre, au niveau de la narration, dans le découpage aussi, on sent que c’est quelqu’un qui a été influencé par la bande dessinée aussi et c’est encore une approche différente du manga. Et je suis assez curieux de lire aussi Outlaw des éditions Ki-oon que j’ai pu voir hier en prépublication dans un magazine. J’aimerais vraiment le voir traduit en japonais pour le lire.

Et ces dix dernières années justement, à travailler avec votre éditeur où ce genre de bouleversements du milieu sont arrivés, y a-t-il eu beaucoup de changement pour vous ?

Quand j’ai commencé, le manga était peu connu encore, notamment en France, aujourd’hui c’est vraiment l’inverse. Une des particularités du milieu, de ce qu’on dit, c’est que l’édition serait en crise. Mais, au final, il y a de plus en plus de jeunes aujourd’hui qui envoient leurs mangas aux éditeurs, donc le marché se porte plutôt bien et différemment.

Et vous-même ? Avez-vous lu ou découvert certains de ces nouveaux mangaka ?

Pour moi il y en a vraiment beaucoup trop qui sortent, et certains à présent viennent de France. Mais je dirai que plus que des découvertes, ce sont surtout de nouvelles personnes contre qui je vais devoir me confronter à l’avenir !

Si l’un d’eux, ou un jeune aujourd’hui, venait vous voir pour vous montrer son travail, que lui conseilleriez-vous ?

J’essaierai, je pense, de lui trouver le meilleur conseil, ou le bon conseil qui lui correspondrait surtout. Je lui dirai surtout aussi qu’il faut vraiment qu’il aille jusqu’au bout de son histoire. Je le mettrai en garde contre le fait de s’arrêter en plein milieu de sa série : il faut aller jusqu’au bout de ses pensées, et qu’il ne décide pas de passer à autre chose en cours de route, en somme.

On voit comme vous l’indiquiez plus tôt que vous êtes bien présent sur les réseaux sociaux, un lien avec les changements de ces dernières années ? Et pourquoi ?

Car j’aime avoir la réaction des gens en direct. Le plus amusant dans ces moments-là, ce sont les réactions des personnes qui, quand je fais mourir un personnage, sont vraiment atterrés. Je reçois du coup parfois des photos de moi trafiquées peu sympa. L’une des plus drôles est celle que j’ai eu où c’était moi en tenue de la mort avec une faux (Rires), un peu flippant, mais marrant. Ces échanges sont vraiment sympathiques.

Vous parliez aussi des super-héros tout à l’heure, est-ce qu’un jour vous aimeriez travailler avec l’industrie américaine ?

Si on m’en offre l’occasion bien sûr.

Si on reste du côté cinéma, avec Hollywood. En ce moment il surexploite un peu le thème des super-héros dans tous les sens, mais ils commencent aussi à faire des adaptations de mangas (comme Death Note…) : qu’en pensez-vous ? Si on vous faisait une proposition vous seriez intéressé ?

Si jamais on me le propose oui je serai assez content (Rires) mais je pense qu’il y aurait un gros débat sur qui jouerai Natsu ! (Rires) Sincèrement si cela devait m’arriver je serai très content.

Un dernier mot pour la fin : Que pourrait-on vous souhaiter pour la suite ?

Que ça perdure encore longtemps !

Longue vie alors, et merci beaucoup !

Interview parue dans Fairy Tail + [5]Modifier

Cette Interview a interrogé à la fois Hiro Mashima et Shinji Ishihira le réalisateur de l'anime. Les répliques d'Hiro Mashima commenceront par un "H:" tandis que celles de Shinji Ishihira commenceront par un "I:".

I : C'est la première fois que je participe à une telle interview, j'en ai le coeur qui palpite ! (Rires.)

H: On s'est déjà rencontrés pas mal de fois pourtant ! (Rires.) Faites comme d'habitude !

Pour commencer, racontez-nous votre rencontre avec l'oeuvre originale.

I: Quand la publication de Fairy Tail a débuté, je travaillais depuis un bon moment sur un certain anime, je me souviens l'avoir lu dès le premier chapitre. Le projet sur lequel j'étais à l'époque était une oeuvre plutôt horrifique, sérieuse et sombre. J'avoue que lire Fairy Tail m'apaisait.

H: Merci infiniment. (Rires.)

I: Quelque chose m'a attiré dans le manière dont Lucy était traitée. (Rires.) Je me disais que, moi aussi, j'aimerai essayer ce genre d'histoire (en anime).


En effet, bien qu'on puisse la considérer comme l'héroïne de l'oeuvre, on a l'impression qu'elle n'est pas traitée en tant que telle. Elle a pourtant des arguments pour plaire.


RéférencesModifier

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